Bouger

Le Pacte des Loups

En l’an 2000, Christophe Gans réalisait dans la montagne des Baronnies, le film "Le Pacte des Loups" inspiré par l’histoire ou la légende de la Bête du Gévaudan. Un film grand spectacle qui a regroupé en plein cœur de la montagne des Baronnies, Samuel Le Bihan, Monica Belucci, Vincent Cassel, Jean Yanne, Jérémy Rénier, Marc Dacascos, Emilie Dequesne... une équipe de prés de 250 techniciens et plus de 350 figurants. Aujourd'hui, vous êtes conviés sur les traces du film et de la bête mais aussi, à la découverte des magnifiques paysages, sauvages à souhait.

Départ devant le panneau d’information à la prairie du Moula.

Cette très belle prairie cernée de forêts représente dans le film, l’arrivée des deux héros Mani et Grégoire de Fronsac, dans le Gevaudan. Là, face aux montagnes, ils seront accueillis par un loup blanc au pied d’un calvaire reconstitué (il n’y avait pas eu de loup dans cette montagne depuis le 19ème siècle).

C’est aussi là, sous les grands sapins, sur un sol gorgé d’eau et sous une pluie artificielle, que les deux héros en question vont avoir maille à partir avec des soudards déguisés en femmes (la bête attaquait plutôt les femmes). Un magnifique combat réglé comme un ballet par le maître de Honk Kong, Philippe Kwog. Imaginez des dizaines de milliers de litres d’eau déversés par des lances à incendie, un sol détrempé, le froid et le brouillard et vous êtes en pleines conditions de tournage.

Dés lors vous partez sur les traces du tournage en suivant les balises, on s’engage sur une piste forestière créée dans les années 1970 pour désenclaver la montagne, c’est aussi la présence de cette piste qui a permis la réalisation du film, tous les lieux de tournage étant accessibles : des bus transportant les figurants, des camions le matériel ou des loups, des allées et venues incessantes de voitures, des quads et même un camion-citerne, jamais cette route n’avait eu autant de circulation.

Maintenant, le calme revenu, cheminer en longeant les plantations de sapins douglas puis prendre sur la gauche un sentier escarpé sur les premiers mètres. Il est utilisé depuis des siècles par les troupeaux et les hommes. On monte le long de «l’Escala » (l’échelle) pour accéder à la Haute Montagne des Baronnies.

Après un passage en crête, redescendre vers le Col des Ares et le Col des Estrets

Prendre à gauche la piste retrouvée et l’emprunter sur 1,5 km pour aboutir au magnifique col de Oueil Luzent. A l’est, la vallée de Neste et la falaise de Pene Haute, au sud, le massif du Bassia et la forêt de Tire Moureou, à l’ouest le Casque du Lheris et la Montagne de Billexte avec au pied la Gourgue d’asque et les Sources de l’Arros, enfin, au nord les falaises de Sarramere. C ‘est ici que les premières images du film ont été réalisées.

L’attaque de la bergère à nécessité la création de 4 faux énormes rochers en résine, des plans en hélicoptères télécommandés, une cascadeuse secouée par une machine infernale ou chutant au travers de rochers en mousse... La violence de cette scène tranche avec la réalité sereine des lieux.

Ce secteur est exploité à des fins sylvicoles et pastorales. Ces lieux ont jadis connu une grande activité : depuis l’époque gallo-romaine, des mines de fer étaient exploitées en témoignent les mines effondrées et des autels votifs dédiés à des divinités montagnardes (ageion bassiarus). Une industrie s’était aussi développée autour des ressources montagnardes (fabrication du charbon, fours de verriers, forge catalane...). Cet espace était vital pour une société montagnarde qui s’est longtemps battu pour garder des droits perdus paradoxalement après la Révolution.

Suivre les balises vers le nord, passage devant la cabane de Oueil Luzent et accès à la crête de Sarramere avec de magnifiques points de vue sur le Casque du Lheris (montagne emblématique du film) et des passages parmi des excavations, témoignages des anciennes mines.

Retour vers le col des Estrets, c’est sur cette portion de prairie que la bergère poursuivie par la bête chute lourdement. Passage au milieu d’un taillis de buis, arbre emblématique des Baronnies, travaillé encore aujourd’hui par les tourneurs sur bois et jadis par les fabricants de cuillères ou autres ustensiles (des villages des BARONNIES portent des sobriquets liés à cette activité).

Retour sur la piste que l’on prend sur la gauche, face à la magnifique falaise «la spugue de las ares», la grande grotte sert d’abri aux troupeaux. Plus haut sur la crête, la bergère attaquée et piégée s’est penchée vers le vide vertigineux…

Suivre la piste jusqu’à un replat avec une magnifique vue sur le massif du Bassia, puis quitter la piste en prenant à droite un sentier en sous-bois. Là sous la belle forêt de hêtres aux troncs élancés, un petit cirque naturel formé d’affleurements calcaires fut propice à un guet-apens cinématographique où des dizaines de loups furent massacrés...fictivement par des figurants bien locaux.

En effet, lors du tournage, le réalisateur a reconstitué une grande battue où des dizaines de loups furent tués. Les images sont saisissantes de réalité et bien sur aucun animal ne sera blessé par les fausses balles des chasseurs lors du tournage. Il faut imaginer ces scènes d’un autre temps :les clameurs, les hurlements…entendre là, un loup hurler sous les grands arbres est saisissant et nous replonge 200 ans en arrière.

On sort du bois pour accéder au col de Couradabat. Ce petit col a accueilli pendant plus de 3 semaines la plus grande battue jamais organisée dans les Baronnies et l’une des scènes principales du film, représentant la grande battue organisée dans le Gevaudan. Une logistique folle : plus de 250 techniciens, prés de 350 figurants, des stars du cinéma, des journalistes et des télévisions, des chevaux, des chiens et des loups...Tout cela en même temps sur ce petit col transformé en lieu de chasse et de bagarre dans des conditions météo parfois apocalyptiques.

Et pourtant plus aucune trace, seule l’imagination et le souvenir pour revoir Mani l’indien se battre contre des miliciens aux drôles d’armes ou imaginer toute la vie propre à une battue au 18eme siècle.

Puis le retour au point de départ se fait en suivant les balises, en plongeant au sein du vallon au travers des estives pour redescendre rapidement vers le point de départ, la tête emplie d’images de ces décors naturels sauvages à souhait.

Difficulté : moyenne
Durée : 3h45  Prenez le temps, profitez des paysages et pensez à un bon pique-nique !
Longueur : 9,5 km
Départ : Pla du Moula
Accès : depuis le village d’Esparros, emprunter depuis la salle des fêtes la route direction  « Moula » sur 4,5km (passer la barrière et la refermer) jusqu’à la prairie du Pla du Moula (parking) ou / Depuis le Col de Coupe (D. 26) prendre la piste forestière sur environ 4 km jusqu’à la prairie du Pla du Moula.
Type de rando : boucle en 8 (avec possibilité d’écourter)
Dénivelé : 560 m + (Altitude mini : 850m / Altitude maxi : 1237m)
Balisage : tête de loup jaune sur fond bleu
Précautions particulières : itinéraire à ne pas entreprendre par temps de brouillard ou orage. Leschiens sont interdits sur tout le territoire du 1 avril au 15 novembre pour des raisons de sécurité et de quiétude des troupeaux
Équipement et ravitaillement : restaurant (Esparros), meublés de tourisme (Esparros), chambre d’hôtes (Esparros), aire naturelle de camping (Esparros), vente de produits fermiers en été (Lou Mountagnou - Esparros)